Duger : tout reste à faire

Le meilleur junior du monde est français. Mais la question se pose encore une fois : saura-t-il murir au soleil de Biarritz ?

73, 72, 70, 69 : Frédéric Duger a bien mené sa barque en Floride pour l’Orange Bowl qui, chaque année, rassemble les meilleurs juniors du monde. De jour en jour, le Biarrot n’a cessé de progresser pour remporter, sur un dernier tour brillant, un titre mondial envié, car il est synonyme de tous les espoirs. Sandrine Mendiburu, autre produit du golf basque, avait réalisé un an auparavant la même performance chez les dames.

Frédéric Duger était aussi en Floride l’année précédente. Il avait mis la charrue devant les bœufs. Il avait remporté le Doral, épreuve préparatoire à l’Orange Bowl. Il avait bien pris le temps de s’habituer à ces parcours plus américains que nature, où un bunker peut cacher un obstacle d’eau, et vice versa. Et puis, c’est long, très long, bien loin du tracé du Phare, à Biarritz, où Frédéric Duger passe, l’essentiel de ses journées.

Il faut le dire, cette année – celle de ses 16 ans-, il était prêt. Peut-être parce qu’il a failli ranger définitivement ses clubs de golf en juillet dernier. Il joue depuis huit ans. Depuis deux ans au moins, il est au plus haut niveau des catégories supérieures à la sienne. Champion de France minime en 1986, il joue junior, dont il n’aura l’âge véritable qu’en 1992… Il lâche la pelouse pour le sable chaud des plages de l’été biarrot.

Travailler, toujours travailler…

La fin d’un  espoir ? Pas du tout. Au bout, une prise de conscience. Pour arriver, il faut travailler. Il veut être le meilleur, alors il travaille.

Dans de bonnes conditions. Frédéric est très entouré à Biarritz, où l’on a, depuis trois ans, décidé de jouer à fond la carte des jeunes.  Il faut le dire, parce que Frédéric vient de décrocher un titre national… Il est techniquement suivi par Philippe Mendiburu, le père de Sandrine ; Alain Marot, l’ancien international de rugby est chargé de sa préparation physique ; Paul Dorochenko et Jean-Paul Prigent assurent le suivi médical. Bientôt, Fréderic part pour Autrans, dans les Alpes, pour un stage organisé par la Fédération française de golf et basé sur le ski de fond. La sophrologie n’est pas absente de sa préparation : « il faut toujours rester calme dans une compétition, dit FrédéricDuger. En fait, on a deux ou trois coups pour gagner ; ceux-là, il ne faut pas les rater. Grâce à la sophrologie, je maitrise mieux mes épreuves.»

Après avoir craqué l’espace de trois ou quatre semaines, Frédéric Duger a retrouvé son véritable appétit de golf et la volonté de se faire mal pour arriver à où il veut : gagner de grasses épreuves amateur pour se retrouver professionnel dans de bonnes conditions d’ici trois ou quatre ans. Ce serait la première grande étape d’une carrière découverte sur les pas de son père, Michel, fervent de golf, et à travers un sport qui l’amuse et qu’il aime.

La principale force du Biarrot : les fers et le petit jeu. Il se dit moins à l’aise ans le grand jeu. Qu’importe, il va y remédier. D’ailleurs, aux Etats unis, il a bien drivé, et la victoire était au bout. « je sais maintenant que pour arriver, il faut en baver, dit-il. Je suis prêt à le faire… »

Pour l’heure, Frédéric Duger est en vacances de compétition, mais tous les après-midi, il est sur le golf. Il bénéficie pour cela d’une organisation spéciale de sa scolarité. Pour lui, tous les jours, le lycée ferme à 14 heures. Sa prochaine épreuve, les internationaux d’Espagne, fin février. Il y sera. Sûr de lui et ambitieux…

Michel MEUNIER

 

 

 


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